Newsletter Beyond Human Capital n°47

La newsletter dédiée au capital humain

Beyond Human Capital n°47, Nov 2017

Comment aider un « manager sauveur » qui s’épuise ?

J’accompagne le directeur d’un service support de 40 personnes, dans une PME industrielle de 2 000 salariés. Depuis des mois, les carences de ses quatre managers l’obligeaient à jouer les sauveurs pour tenir les délais des livrables qu’il devait à d’autres services. Les heures supplémentaires et le stress le menaçaient d’épuisement.

Il a d’abord repris en main l’organisation du service : mise au point ferme sur les règles et les délais, rappel aux managers de leurs responsabilités et de leur pouvoir de décision et d’arbitrage. Nous allons maintenant redonner du sens au travail de chacun, pour stopper la dilution des responsabilités : pour qui travaille le service, de quoi sommes nous responsables, quelle est notre capacité d’initiative ? Ici comme ailleurs, pas de projet collectif durable sans une culture et des valeurs partagées.

Un changement de patron de BU à haut risque

Autre mission du moment, l’accompagnement d’un nouveau patron de BU dans une entreprise confrontée à un marché en repli. Le prédécesseur avait érigé des barbelés autour de son périmètre et refusé toute collaboration. L’entreprise a dû s’en séparer : elle mise sur des coopérations poussées entre BU pour résister à la conjoncture.

La tâche du nouveau patron est délicate : sa BU reste la plus importante de l’entreprise et compte d’excellents éléments, qui risquent de partir s’ils sont trop bousculés. Mais ce manager senior ne manque ni d’idées, ni de courage. Nous avançons en confiance.

Des primes collectives pour les commerciaux, ça marche

Jean-Louis Brissaud, dirigeant de la PME lyonnaise Starterre, a réalisé un joli coup de pub en distribuant 1,6 M€ à ses 100 salariés pour les 25 ans de l’entreprise. Pour ma part, j’ai été frappé par un autre point : sa société de négoce automobile distribue des primes trimestrielles basées sur des objectifs collectifs et non individuels. Alors que tout le monde estime qu’il n’y a pas plus individualiste qu’un vendeur de voitures.

Ces primes peuvent représenter jusqu’à 50% du salaire et l’entreprise s’en porte bien : 28% de croissance cette année. Starterre a compris que sa réussite reposait sur la contribution de chacun à la performance collective, et a réussi à en convaincre ses collaborateurs. C’est la conviction que je porte et que je transmets aux clients qui me confient l’évolution de leur système d’évaluation. Si ça marche pour des commerciaux, ça peut marcher partout !

Formation des cadres : Etam mise sur les équipes

Le fabricant de prêt-à-porter Etam vient de mettre en place pour ses 800 managers de magasins une application d’autoformation originale. On y trouve les fiches du catalogue de formation, un moteur de recherche par mots-clés (stress, recadrage, motivation…) et une « météo de l’équipe ». Cette dernière envoie chaque semaine deux questions aux collaborateurs de chaque manager. Ils peuvent répondre avec un soleil, un nuage, de la pluie ou un orage, assortis si possible d’un commentaire. En fonction des réponses, le manager se voit proposer des fiches qui l’incitent à faire de l’auto-formation.

Rien n’est obligatoire. Etam mise sur la participation des équipes et des managers pour que cette application marche. Et si ce pari de la confiance était la bonne façon d’inciter chacun à prendre en charge le développement de ses compétences ?